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Appel à contributions pour le panel « Existe-t-il une analyse du discours à la française ? » – congrès DiscoursNet, Marbourg, Allemagne, 19-21 juillet 2027

Catégorie

Marburg
Allemagne

Date
-
Date limite d'inscription
Appel à communication se terminant le

Organisé par Luciana Radut-Gaghi, Christine Barats et Johannes Angermuller, le séminaire DiscoursNet Paris vous invite à manifester votre intérêt pour contribuer à un panel intitulé : « Existe-t-il une "analyse du discours à la française" ? Traditions, circulations et appropriations d’une "école" ».

Ce panel se tiendra dans le cadre du congrès DiscoursNet, intitulé « Imaginaires discursifs du changement : hétérotopies, pouvoir, savoir et la "grande transformation" », qui aura lieu à Marburg (Allemagne) du 19 au 21 juillet 2027.

Veuillez contacter Luciana Radut-Gaghi <luciana.radut-gaghi@cyu.fr> et Johannes Angermuller <angermue45@googlemail.com> d’ici le 28 octobre pour leur faire part de vos premières idées. Il vous faudra ensuite soumettre votre titre et votre résumé sur le site web du congrès avant le 31 octobre 2026. Vous trouverez plus d’informations sur les thématiques du congrès à l’adresse suivante : https://discourseanalysis.net/DNC2027.

Description du panel :

« Existe-t-il une "analyse du discours à la française" ? Traditions, circulations et appropriations d’une "école" »

L’« analyse du discours à la française » circule à l’échelle internationale en tant qu’étiquette identifiable, aux côtés de l’analyse critique du discours (Critical Discourse Analysis) et de l’approche sociologique du discours (Sociology of Knowledge Approach to Discourse). Pourtant, son unité est loin d’être évidente. Née au croisement de l’analyse automatique du discours de Pêcheux, de l’archéologie de Foucault et de la linguistique de l’énonciation, elle s’est depuis diversifiée vers la textométrie, l’argumentation, l’étude des formules et du discours institutionnel, le discours numérique, ainsi qu’une tradition spécifique au sein des sciences de l’information et de la communication. À l’étranger, elle a été appréhendée à travers des traductions partielles et des réceptions sélectives, à l’instar de la « French Theory » — un courant qui, en réalité, n’a jamais existé en tant que tel en France (Cusset, 2003 ; Angermuller, 2015).

Ce panel prend cette interrogation comme objet d’étude : l’« analyse du discours à la française » constitue-t-elle une école, une tradition nationale, un réseau francophone, ou bien une étiquette destinée à l’exportation, façonnée par sa propre circulation ? La question s’inscrit directement dans les préoccupations du congrès concernant le pouvoir, le savoir et les ordres épistémiques. La hiérarchie qui s’établit entre les études discursives anglophones et d’autres traditions détermine quels concepts circulent, lesquels sont traduits et lesquels demeurent confinés à un contexte local. Se demander s’il existe une analyse « à la française », c’est donc aussi s’interroger sur la légitimité des savoirs au sein de notre propre discipline — y compris dans l’espace francophone, où Paris peut elle-même faire figure de centre vis-à-vis de ses périphéries.

Le colloque s’articule autour de deux volets. Le premier, intitulé « Tradition », retrace la généalogie du domaine et interroge ce qui en assure la cohérence (la primauté accordée au corpus, l’interdiscours, la matérialité du langage, la méfiance à l’égard du sujet souverain) ; il examine ensuite son rayonnement et sa réception — dans les périphéries francophones de la France et au-delà — en tant qu’appropriations discursives successives. Le second volet, « Aujourd’hui », explore les pratiques actuelles qui se réclament de cette tradition : l’analyse des discours nativement numériques, le renouvellement des méthodes fondées sur les corpus — de la textométrie à l’extraction d’arguments assistée par l’intelligence artificielle — ainsi que l’étude des discours institutionnels et politiques dans le champ des sciences de l’information et de la communication. Il s’agit de déterminer si ces nouveaux objets et outils prolongent la tradition, la transforment, ou bien la dissolvent au sein d’un champ international des études discursives.

Se déroulant en français, en espagnol et en anglais, et ouvert au dialogue avec d’autres traditions, ce colloque ne cherche pas à défendre une étiquette nationale. Il vise à mettre en lumière, tout à la fois, les continuités d’une tradition et les transformations induites par sa circulation et son renouvellement.

Organizer
Luciana Radut-Gaghi <luciana.radut-gaghi@cyu.fr> y Johannes Angermuller <angermue45@googlemail.com>