Les genres de discours vus par la grammaire de la langue

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Date
05. November 2009 13:00
Registration Deadline
01. Januar 1000

Journée d’étude : Les genres de discours vus par la grammaire de la langue

Appel à communications

A la suite des travaux de Bakhtine, les études sur les genres de discours, sur leur place dans l’analyse du discours et en analyse textuelle, ont été fécondes et largement diffusées depuis une trentaine d’années.
Dans le même temps, certainement grâce aux travaux sur l’oral, les études grammaticales sur corpus ont connu un net regain d’intérêt, limitant/amendant/accompagnant les apports indéniables de théories privilégiant les modèles formels, peu soucieux ou concernés par une attestation effective des données.
La liaison entre les deux domaines « genre de discours » et « grammaire de la langue » est un des points décisifs de la pensée de Bakhtine. L’acquisition de la langue s’effectue par le biais de propositions toujours perçues par le biais d’énoncés, lesquels sont toujours structurés, moulés, dans des genres de discours.
Pourtant il semble que seuls les travaux en analyse textuelle ou en analyse du discours prennent en compte systématiquement ou presque les faits de langue dans leur démarche, parfois avec un souci formel sensible. Les faits de grammaire sont perçus comme les indices d’un genre ou bien comme catégorie descriptive, mais viennent toujours après l’établissement de typologies des genres qui ne se basent jamais sur les faits de langue, parce qu’un tel classement (par exemple par les temps verbaux) laisserait échapper totalement les dimensions sociales ou communicationnelles inhérentes à chaque genre, dimensions dont on ressent l’impossible abandon.

Du coté des théories syntaxiques, la prise en compte des genres de discours est très marginale, allusive ou détournée sur d’autres types d’analyse (par exemple les paramètres). Les études grammaticales incluant explicitement ou formellement les genres restent très minoritaires. Quant aux travaux sur corpus, ils font souvent l’économie d’une articulation avec le genre de discours (ou type de corpus) où les faits décrits sont puisés. Cependant, des travaux comme ceux de Biber ou Deulofeu (sur les commentaires de foot) accordent une importance claire à la notion de genre, de registre et d’une manière plus générale à la fréquence/absence d’un fait de langue dans un type identifiable de production socio discursive.

L’objet de cette journée d’étude sur les « genres de discours vus par la grammaire de la langue » se situe résolument du côté des faits de langue afin d’ « imaginer » ou identifier ce que les faits linguistiques peuvent dire des genres et inversement ce que la notion de genre peut apporter aux faits de langue dans leurs caractéristiques intrinsèques.
Il s’agira ainsi de dépasser (si cela s’avère pertinent) leur statut d’indices ou de catégorie descriptive pour leur supposer une fonction dynamique tant pour la compréhension du système linguistique que pour la compréhension des genres de discours, pour peu que cette opposition soit
finalement opératoire.
Parmi les problématiques qu’explorera cette journée, on envisagera quatre directions :

A/Théories grammaticales et genres de discours :

La grammaire de (dans) la langue est-elle vraiment concernée par les genres de discours ? A-t-elle intérêt à intégrer dans le dispositif théorique les genres de discours, à quelque niveau que cela soit ? Comment les théories actuelles articulent-elles (si elles le font) leurs observations avec les genres de discours ?

B/Genres et linguistique générale

Même s'ils ne sont pas universels, les genres sont connus de toutes les langues et il existe assurément des genres communs (par exemple les recettes de cuisine). Que peut apporter une comparaison entre langues portant sur la structure grammaticale des genres ? Cela permet-il d’affiner les propriétés linguistiques et/ou les pratiques sociales et culturelles ?

C/La relation genre(s)/fait(s) de langue(s)

Peut-on identifier une structuration grammaticale générale pertinente pour tous les genres et/ou une formalisation possible permettant la comparaison entre genres, non seulement dans le noyau prototypique (ce qui fait qu’un locuteur reconnaît un genre par compétence) mais aussi dans les zones de variation ?
Les genres de discours construisent-ils des formes syntaxiques ou des interprétations sémantiques originales ? Quelle est la part d'iconicité ou d'arbitraire dans ces éventuelles formes nouvelles ou endémiques ?
Les genres de discours éclairent-ils des propriétés grammaticales, notamment en considérant la fréquence/absence des faits dans un genre donné ?
Quelle est la part des faits de langue dans les classifications actuellement diffusées ?

D/Méthodologie pour aborder les genres :

Quelles méthodologies pour une étude grammaticale des genres ? Quel est le rôle des comptages ou des statistiques sur la présence/absence d'un fait de langue ? Comment (Peut-on) transférer les notions de grammaticalité/agrammaticalité, d'acceptabilité dans le cas d'un travail sur les genres ?

Les pistes de recherche ouvertes à l’occasion de cette journée, déjà pour certaines plus ou moins empruntées, sont donc variées. Il s’agira alors de poursuivre trois objectifs :

-Le premier objectif de cette journée sera de faire le point sur l'apport (dans ses limites et dans ses promesses) résultant de l’intégration des genres de discours dans la recherche grammaticale contemporaine. Cette journée d'étude privilégiera les interventions illustrant cette diversité. Tous les genres seront également appréciés, y compris les genres littéraires. On évitera cependant les études strictement stylistiques à moins qu'elles intègrent un des axes exposés plus haut.

-Le deuxième objectif sera de réunir les exposés dans une publication à parution rapide (courant 2010), préparant ainsi le troisième objectif.

-Le troisième objectif sera de jeter les bases d'un colloque international autour des questions abordées dans cette journée. Ce colloque est prévu à l'horizon 2010/2011.

Les chercheurs intéressés et souhaitant participer à cette journée peuvent prendre un premier contact avec l'organisation ou adresser dès à présent une proposition.

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CPTC GRELISC